Randonnée à la Tournette et tour de l’Aiguille

La Tournette dans les aravis, par le Val Sulens.

I
l y a peu, je reçois un coup de fil de Clémence : – « J’ai une rando à faire dans les Aravis pour préparer le probatoire de l’accompagnateur en montagne… La Tournette, ça te tente? ». Après avoir enfourné quelques barres céréales et un litre d’eau dans nos sac, nous prenons la route en direction de la Haute-Savoie et nous faufilons entre les escarpements des Aravis pour rejoindre La Bottière (près de Séraval, Val Sulens), point de départ de la randonnée.

Les massifs karstiques des Aravis nous changent de l’ambiance semi tropicale du Beaufortain et je me dis qu’il va faire chaud, très chaud. Nous arrivons à La Bottière. Après quelques centaines de mètres sur une route forestière, nous garons notre véhicule tandis qu’un paysan s’empresse de faner son foin fraîchement fauché.

La Tournette est là, massive, impressionante. Le panneau nous indique 4h30 pour 1300m de dénivelé. Clémence réduit cette estimation à 2h30, rien que ça !! Demain, les cuisses vont très certainement piquer un peu. C’est d’un pas plus que décidé que Clémence ouvre la danse.

Il est à peine 9 heures du matin et il fait déjà chaud. Heureusement, les premières centaines de mettre de dénivelé se font à l’ombre.

Montée au refuge du Praz Dzeures. - Aravis, Haute-Savoie

Le début de la randonnée se fait en forêt

Après une heure et demi de montée, nous arrivons au refuge du Praz Dzeures. Le gardien, qui admire le Val Sulens et le reste du paysage depuis sa terrasse, nous salut :

– « Bonjour, vous faites le sommet? » lance-t-il en jettant un regard dubitatif sur nos souliers à tige basse.

– « C’est ce qu’on a prévu, à moins qu’il y ai de la neige. »

– « Il reste quelques névés que vous pourrez contourner par le haut, mais il y en a un à traverser, et je ne m’y risquerai pas… en cas de chute, la sortie se fait sur trois-cents mètres de vide ».

Habitués à ce genre de déconvenues typiques des randonnées de printemps, nous rassurons le « gardien-chevrier » en lui confirmant que nous sommes conscients de la légèreté de notre équipement et que nous n’avons prévu d’exploits ni en base jump, ni en alpinisme. Nous ne tenterons rien d’osé aujourd’hui.

Refuge du Praz Dzeures  - Aravis, Haute-Savoie

Le refuge du Praz Dzeures, sur le chemin de La Tournette

Après avoir englouti un pain au chocolat chaudement conservé dans nos sacs, nous repartons à l’assaut de la Tournette.

Quelques lacets plus tard dans les alpages du Praz Dzeures, nous sillonnons le pierrier du rocher de Charvin le temps de quelques enjambées pour atteindre la crête des Frêtes. Notre champs de vision s’étend de cent-quatre-vingts degrés. Ayant assez peu randonné dans les Aravis, nous nous délectons quelques instants de la magnifique vue sur le bassin Annécien d’un côté et les volutes du Val Sulens de l’autre.

L’itinéraire se fait un peu plus montagnard. De la pelouse rase des alpages nous passons à la rigueur minérale du couloir menant à la pointe de la Balujaz. Nous pouvons enfin voir le lac d’Annecy avec une splendide vue plongeante sur Talloire.

Montée en direction de la pointe de la Balujaz - Aravis, Haute-Savoie

Montée en direction de la pointe de la Balujaz

Montée en direction de la pointe de la Balujaz - Aravis, Haute-Savoie

Comme nous l’avait indiqué le gardien du refuge de Praz Dzeures, le passage pour atteindre le sommet est encombré par des névés assez raides. Notre tentative d’ascension de la Tournette s’arrête ici. Nous reviendrons quand les conditions le permettrons.

Une randonneuse admire la vue sur le lac d'Annecy depuis la pointe de la Balujaz.  - Aravis, Haute-Savoie

Vue sur le bassin Annécien depuis la pointe de la Balujaz

Nous profitons un moment de cet incroyable panorama et du vagabondage d’une d’une femelle chamois et son petit. Pour le retour, nous décidons de passer par le col des Vorets et de faire le tour de l’Aiguille pour rejoindre notre point de départ.

Passé le col, le paysage change. Le blanc karstique, lacéré par l’érosion, tranche avec le vert vif des alpages fleurissants. Le sentier s’engouffre à nouveau dans les bois, et nous retrouvons un peu de fraîcheur. La randonnée se termine sur une route forestière bien moins intéressante que les chemins que nous avons parcourus jusqu’ici.

Une randonneuse sur le sentier du tour du Bouton. - Aravis, Haute-Savoie

Sur le sentier du tour du bouton.

Nous arrivons à la voiture sous une chaleur écrasante. Le téléphone intelligent de Clémence, qui a scrupuleusement noté nos moindres faits et gestes, nous informes que nous avons gravi 1500 mètres de dénivelé à bonne allure. C’est sûr, les cuisses vont piquer demain.

>> Voir la série d’images

>> Le topo de la rando su Bivouak.net